Comité éthique

Les membres du Comité Ethique

Martin Genot
Martin Genot

Sup de Co, Insead, il est tour à tour diplomate, conseiller en organisation, industriel dans l’automobile et plonge dans l’internet en 2000. COO de Photoways, il cofonde Inspirational stores, fourmisante.com, vin-cacher.com. Investisseur actif au sein des fonds Pléiade et Agregator, il est le cofondateur du fonds Network Finances. Martin a été administrateur du Centre Français de la Protection de l’Enfance.

Il est Président du Comité Ethique de Reputation VIP.

Claude Roëls
Claude Roëls

Claude Roëls, né en 1946, traducteur de Goethe et de Heidegger, après avoir enseigné la philosophie en classes préparatoires, est actuellement professeur à l'Institut musulman de la mosquée de Paris et dirige, à l'Institut catholique de Paris, le Diplôme universitaire consacré à la laïcité.

Olivier Boudot
Olivier Boudot

Né en 1962, ancien élève de l’Essec et mémorialiste, Olivier Boudot est le fondateur de deux collections de livres, “Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises” et les “Guides Marsilo”. Auteur d’une quinzaine d’histoires d’entreprises et de deux guides sur le voyage “vu du train”, il est spécialisé dans les aventures humaines, la mutation économique et la métamorphose des territoires.

Adrien de Guilhermier
Adrien de Guilhermier

Adrien de Guilhermier est un étudiant en master de philosophie des sciences, il s'intéresse aux explications que les sciences cognitives peuvent apportées aux comportements humains et animaux, ainsi qu'à la démocratisation de la connaissance scientifique auprès du grand public.

Mathieu Prud’homme
Mathieu Prud’homme

Avocat depuis 1997, il a dirigé le contentieux de l’internet au sein du cabinet Alain Bensoussan, pour y développer les stratégies de gestion juridique de la e-réputation et du référencement. Il participe à la rédaction du memento Francis Lefebvre sur le droit de l’internet. Mathieu a récemment rejoint le service juridique de l’éditeur SAP. Il a la conviction que le temps de la justice est conciliable avec le temps de l’internet.

Manifeste du Comité Ethique

2,5 Milliards d’êtres humains sont connectés sur la toile et pour chacun d’entre eux, cette connexion, ce passage, a laissé une trace, une date, une marque imprimée sur le net.

Cette trace ne nous appartient plus. Elle est juste la marque d’un passage, imprimée dans la mémoire passée, présente et à venir de la toile. Or, autant ce passé fugitif ou non ne nous appartient plus une fois que nous l’avons abandonné à l’univers complexe de la communication et de l’interaction, autant pouvons-nous nous interroger sur son utilisation présente et future ?

Comment faire pour éviter qu’elle soit considérée comme preuve en cas de litige ? Comment distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux ? Ce qui est rumeur, mensonge, ragot ou invention ? En distinguant les preuves des traces, René Char disait déjà : "seules les traces font rêver." La conjugaison de la sur-information, de l’instantanéité au détriment de l’investigation accroissent le risque de voir ces traces devenir pourvoyeuses du pire cauchemar.

Appelons cela le phénomène de réversibilité du temps, démultiplié à l’infini par une chambre d’écho cent millions de fois plus puissante que les brûlots de papier, pamphlets et autres épigrammes.

Que nos traces sur le web soient autant de marqueurs, ou si l'on veut d'empreintes indélébiles, telle est la donnée à laquelle nous sommes confrontés. Devons-nous l’accepter ?

Devons-nous nous soumettre au classement de l’information par des robots algorithmiques ? Ce sont eux qui hiérarchisent ces traces selon des critères tenus secrets. Ils mettent en avant nous dit-on “le populaire” entendons ce qui revient le plus souvent en fonction d’une attirance trop souvent voyeuse. Nous entrons alors dans l’arène du spectaculaire.

Ajoutons que l’ordre n’est jamais neutre. Une apparition en première page d’un moteur de recherche est perçue comme une vérité, et en deuxième page badine voire fausse. Symptomatiquement, la forme détermine le fonds, reflétant les avatars d’un processus qui ne laisse pas le temps ni de penser, ni de se penser.

De cet ordre, de ces traces se fabrique donc à notre insu notre cyber réputation ou e-réputation. Elle est d'abord tout simplement réputation, autrement dit et conformément au verbe latin "reputare" : compte, évaluation, voire jugement dans le regard des autres. Elle est dite couramment bonne ou mauvaise, distinction des mœurs, de la morale.

Par peur même de laisser des traces qui forgeront le regard des autres sur nous, nous risquons de nous conformer à l’image que cette forme impose et ne plus être nous-même. Et, tacitement, nous nous en remettons aux robots pour forger notre e-attitude. Cette abnégation n’est-elle pas l’antichambre d’un monde uniforme et donc immature, sujet à toute manipulation ?

Nous militons pour un droit à l’oubli de nos traces, le droit de protéger nos vie privées d’un casier numérique qui peut faire l’objet de toutes les utilisations sans aucun respect pour ce que nous sommes.

La réputation est un capital laissé à la portée de tous. Protégeons le !

Notre comité éthique n’est pas une instance morale voire moralisatrice de la bonne ou mauvaise réputation. Notre visée est de proposer à l'homme d'aujourd'hui de pouvoir habiter le monde technique de façon libre et responsable. De respecter notre libre-arbitre dans la mesure de tout ce qui est possible.

L’outil n’est jamais neutre, notre tâche est d’éduquer, d’avertir, d’en expliquer le mode d’emploi.