Blog e-réputation, SEO et Content Marketing

Personal Branding : 3 dirigeants qui valorisent leur e-réputation

Le saviez-vous ?  88 % des dirigeants estiment que le risque de réputation est un défi clé, selon une étude mondiale de 2014 du cabinet Deloitte. Pourtant, seuls 33 % des dirigeants français se servent aujourd’hui des réseaux sociaux pour communiquer. Beaucoup d’entre eux préfèrent délaisser cela par manque de temps ou car ils croient que ce n’est pas de leur ressort.

Pourtant, développer son Personal Branding offre beaucoup d’avantages pour les dirigeants. La gestion d’un blog ou de réseaux sociaux leur permet de communiquer sur leur parcours, leurs expériences et leurs valeurs.
Cela leur permet aussi d’être davantage visible, de partager des contenus d’experts, ou encore de montrer leur expertise. Cela peut aussi leur permettre de réaliser une subtile promotion de leur entreprise, ce qui peut accroître indirectement la popularité et les bénéfices de leur société.

Afin de découvrir quelques bonnes pratiques, voici trois exemples de dirigeants qui gèrent particulièrement bien leur Personal Branding.

Un dirigeant qui valorise son e-réputation : Michel-Edouard Leclerc

Président de l’enseigne de grande distribution éponyme, Michel-Edouard Leclerc est une personnalité reconnue au Personal Branding affirmé. Il a très tôt intégré le digital comme amplificateur de son discours.

Il utilise le Personal Branding pour s’adresser aux consommateurs, mais aussi aux commerçants, aux fournisseurs, aux hommes politiques et aux journalistes.

Pour cela, il gère son célèbre blog où il apparaît, grâce à une ligne éditoriale pédagogique, comme le défenseur du pouvoir d’achat.

  • Un blog pour défendre le pouvoir d’achat

Le célèbre blog de Michel-Edouard Leclerc (1)« de quoi je me M.E.L. » a été ouvert en 2005 et est toujours actif. Particularité de ce blog, il est écrit et modéré par Michel-Edouard Leclerc lui-même. Tarifs des industriels de l’agroalimentaire, monopole des produits pharmaceutiques, mais aussi communication sur la Bande Dessinée, une de ses passions, Michel-Edouard Leclerc semble être partout où ne l’attend pas. Image décontractée, look détendu, « le bienfaiteur  des consommateurs » va de l’avant.

Son cheval de bataille est la défense du pouvoir d’achat du consommateur final.  Il n’hésite pas à évoquer des sujets sensibles. Son art de la mise en scène et sa volonté de repartir à l’assaut lui permettent d’occuper régulièrement la scène médiatique. Un compte Twitter dédié relaie les articles de son blog et la communication positive de son groupe.

mel valorise personal branding blog

Aperçu du blog de Michel-Edouard Leclerc (source : http://www.michel-edouard-leclerc.com/)

  • La pédagogie désintéressée

C’est peut-être cela qui fonctionne le mieux dans la communication digitale de Michel-Edouard Leclerc : celui-ci fait preuve d’un réel talent pour transmettre un message de façon presque désintéressée. Il est proche du terrain et de la préoccupation de ses salariés. Il n’hésite également pas à avoir une réflexion économique poussée. Cette communication « corporate mais pas trop » lui permet également de faire la promotion de produits de façon discrète. Certains expliquent même que la lecture de son blog donne l’impression de manger en tête à tête avec « MEL ». Celui-ci n’hésite également pas à donner son avis dans les médias, des articles largement relayés sur la première page de Google pour la requête “Michel-Edouard Leclerc.”

Cette communication semble fonctionner : selon le Figaro et France Inter de juillet 2014, « MEL » bénéficierait de plus de la moitié d’avis favorable chez les français(1). Certains le plébiscitent même pour une entrée en politique ! En outre, le groupe Leclerc a récemment été élu enseigne alimentaire préférée des Français.

Un dirigeant qui valorise son e-réputation : Nicolas Bordas

Vice-Président du cinquième réseau publicitaire au monde, TBWA Europe et Président de la filiale, BEING Worldwide, Nicolas Bordas est un chantre de la communication digitale. Pour lui, une bonne stratégie digitale passe par le fait d’être là au bon endroit au bon moment. Il insiste également sur la pertinence de développer une communication 365 jours.

Son Personal Branding est valorisé dans ce sens. Il communique efficacement sur différents supports, de façon relativement soutenue pour valoriser les idées créatrices, les entrepreneurs et ouvrir le dialogue avec les internautes.

  • Il twitte de façon active et pertinente

Présent sur Twitter depuis mars 2009, Nicolas Bordas se distingue par sa forte activité avec plus de 14 000 tweets. Il n’hésite pas à y montrer son expertise, par exemple en retweetant des informations liées à son activité.

Il tweete également de manière exhaustive sur des événements auxquels il participe.

Par exemple, il a publié pas moins de 27 tweets lors du TEDxParis, une série de conférences sur les idées novatrices. Lors de cet évènement, il a partagé en livetweet avec le bon hashtag, avec un visuel attrayant (où est présent de « l’humain »), en citant régulièrement la personne qui intervient, avec un « point » devant le «@ », ce qui lui permet de s’adresser à tous ses followers :

nicolas bordas on Twitter

@LaurentJacqua parle de son expérience carcérale au #TedxParis

Il n’hésite également pas à féliciter des twittos ou des intervenants :

nicolas bordas on Twitter

Bravo @mikiane et à toutes les équipes de @TEDxParis pour cette belle édition de #TedxParis 2015

Toutes ces pratiques lui permettent d’humaniser son compte et de développer intelligemment son réseau.

Autre bonne pratique, il n’hésite également pas à solliciter les internautes sur un sujet précis :

nicolas bordas on Twitter

Je viens de faire mon 1erPost sur #THIS, le réseau social qui autorise un seul post par jour.Qui parmi vs l’utilise?

Toujours dans l’interaction avec ses twittos, il fait également la publicité de son initiative « l’idée qui tue », qui l’amène à chercher des idées nouvelles. Il utilise un hashtag approprié et met en valeur la créativité dans ses tweets.

nicolas bordas on Twitter

Je crains d’avoir été un peu trop loin dans l’expression de #LideeQuiTue avec les élèves de l’école @2089now ! 😉

Ces stratégies fonctionnent : Nicolas Bordas développe son réseau et ouvre le dialogue avec les twittos. Il possède plus de 30 000 abonnés, pour un peu plus de 3 000 abonnements. La richesse et la pertinence de ses tweets font ainsi de Twitter un support particulièrement privilégié par Nicolas Bordas pour soigner son Personal Branding.

  • C’est un blogueur influent

Le blog de Nicolas Bordas date de mai 2009. Il y publie des articles de façon quasi hebdomadaire. Très anglés “marketing”, ses articles mettent essentiellement en avant la créativité publicitaire.

Le contenu du blog est attractif et pluri-média. Le blog se distinguent par des titres sous forme de questions qui commencent par « et si ? » : « Et si on « likait » et on « retweetait » plus généreusement ? » ; « Et s’il était temps de changer vos voisins ? »…. Une façon d’attirer les lecteurs. Le rubricage est également original : « L’idée qui tue », « l’image qui tue », «  le film qui tue »…

Aperçu du blog de Nicolas Bordas (source : http://www.nicolasbordas.fr/)

Aperçu du blog de Nicolas Bordas (source : http://www.nicolasbordas.fr/)

Avec ses articles, Nicolas Bordas parle aussi directement des personnes avec qui il aimerait travailler. Une espèce de networking qui permet à Nicolas Bordas de créer du lien sans forcément être une démarche commerciale.

Cela semble fonctionner : le blog est classé 68 ème meilleur blog marketing selon le classement de Labs tead. Il permet à Nicolas Bordas de développer son expertise et d’ouvrir un dialogue avec les prospects et les clients.

Nicolas Bordas montre qu’il a compris la manière de communiquer sur les différents supports. Et cela sur Twitter, sur son blog, mais également sur sa page Facebook qui utilise la gamification, renvoie un contenu attractif et le met en lien avec des influenceurs et sur son profil LinkedIn riche en abonnés, où il affiche ses compétences et ses recommandations. Grace à son Personal Branding, il est une vitrine pour son entreprise qu’il met indirectement en avant en l’incarnant au mieux.

E-réputation

Une dirigeante qui valorise son e-réputation : Nathalie Collin

Directrice générale adjointe du groupe La Poste, Nathalie Collin doit gérer pour le groupe des sujets portant sur l’innovation, la gestion des interactions des objets animés ou le bureau de poste connecté. C’est un exemple de dirigeante qui possède une riche expérience dans le numérique. Sa stratégie de Personal Branding met en avant un côté « démineuse de crise » dans le milieu numérique. La mise en valeur de son expertise dans ce secteur s’appuie sur une communication externe maitrisée.

  • Une mise en valeur de son expertise dans le numérique

De l’industrie musicale en passant par la crise des journaux confrontés aux défis du digital, Nathalie Collin a dû gérer les crises digitales. Elle met cela en valeur dans son profil Linkedin, écrit à la troisième personne du singulier. Le texte ne manque pas d’évoquer ses négociations entre les éditeurs et Google, dans un travail précédent, « pour obtenir la reconnaissance de la valeur des contenus presse et trouver les voies d’un partenariat commercial et d’une aide à la transition vers le numérique. L’accord a été signé à l’Élysée avec Mr Eric Schmidt et le Président de la République et a donné naissance au fonds de 60 m€ financé par Google pour la transition numérique de la presse. » Un bel exemple de gestion de crise dans le secteur du numérique.

  • Elle peut fidéliser les femmes cadres de son entreprise

Nathalie Collin n’hésite également pas à intervenir dans les médias pour délivrer son expertise. Sur son compte Twitter, elle relaie régulièrement les dernières informations sur son secteur, de façon personnalisée, et retweete des informations positives du Groupe La Poste.

Hervé Ribaud on Twitter

@nathqueencole @366communities Superbe opération jaune avant de passer à l’orange #Halloween ! #merci

Bien perçue par les internautes cette communication externe maitrisée met donc en valeur favorablement Nathalie Collin. Selon une enquête de Weber Shandwick, un PDG étant perçu  par les cadres de sa société comme ayant une bonne communication vers l’extérieur fidélisera plus facilement les femmes cadres dans leur entreprise.

Conclusion : «  En tant que dirigeant forcément plus ou moins exposé, il est impossible de se cacher » (Cédric Manara)

Ces actions montrent qu’une stratégie de Personal Branding efficacement gérée par un dirigeant lui permet de se mettre en avant et de se positionner en qu’expert dans son secteur. Une image plus décontractée peut également humaniser le contenu et pourquoi pas permettre de créer un dialogue avec les parties prenantes.

C’est aussi une façon pour le dirigeant de montrer l’homme ou la femme qui se cache derrière la fonction.

C’est important car un dirigeant est plus que jamais l’ambassadeur de son entreprise. Il doit faire attention à ce qu’il dit, à ce qu’il écrit, à ses photos… pour incarner au mieux son statut de dirigeant. «  En tant que dirigeant forcément plus ou moins exposé, il est impossible de se cacher », prévient Cédric Manara, spécialiste des questions juridiques touchant à internet.

Le vrai problème réside plutôt dans le fait de trouver le bon dosage entre parole publique et expression personnelle.

personal-branding-interview-sophie-cohen-solal

Sophie Solal-Cohen © : Christian Jacquet Photographe

 « Le dirigeant doit se positionner en “rédacteur en chef” de son propre média »

3 questions à… Sophie Cohen-Solal, directrice associée chez l’agence TBWA/Corporate. Cette spécialiste de l’influence a répondu à nos questions sur le Personal Branding des dirigeants.

Reputation VIP : les dirigeants français ont-ils pris conscience de la nécessité de gérer leur e-réputation ?

Sophie Cohen-Solal : “les dirigeants français sont de plus en plus nombreux à se soucier de leur e-réputation.
Les créateurs de start-up, souvent “natives” et donc totalement conscients des enjeux inhérents au Personal Branding ont été précurseurs. Ils ont été suivis par les dirigeants de grands groupes, le service communication étant souvent proactif auprès des comités de direction sur les sujets du numérique et des réseaux sociaux.
Désormais, nous sentons que ces préoccupations sont partagées par les dirigeants de PME et d’entreprises de taille intermédiaire qui nous consultent régulièrement, probablement du fait de la médiatisation croissante de ces sujets.”

Pour vous, quel est le principal conseil à donner à un dirigeant pour qu’il gère efficacement sa e-réputation ?

“Il faut être capable de se placer du point de vue du destinataire des contenus : « quels sont les principaux messages que je souhaite faire passer ? Quelle expertise personnelle ai-je à valoriser ? Qu’est-ce qui intéresse mes lecteurs ?” Le dirigeant doit se positionner en “rédacteur en chef” de son propre média. Il doit donc avoir une ligne éditoriale claire et précise pour satisfaire les attentes de sa communauté et rester fidèle à ce qu’il est.”

Quel est le principal piège rencontré ? Comment y remédier ?

“La principale difficulté à laquelle se heurte les dirigeants est de ne pas confondre leur Personal Branding et la gestion de l’e-réputation de l’entreprise.
Les deux doivent être clairement distincts, même si des interactions sont bien évidemment possibles (et souhaitables).”

 

Sources :

1) http://www.michel-edouard-leclerc.com/

2)http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/07/07/09005-20140707ARTFIG00018-xavier-niel-et-michel-edouard-leclerc-sont-les-dirigeants-les-plus-apprecies-des-cadres.php

 

Laissez un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont indiqués avec un astérisque (*).

Tous les commentaires de l'article